E - L'OEUVRE ESPAGNOLE DE PAUL FEVAL

        Au début des années 1840, la bonne société espagnole importe de France la plupart de ses romans ; d'Espagne, les voyageurs français rapportent des images de gitanes, de bandits et de toréadors. L'oeuvre de Féval ne fait pas exception. Dès 1844, Les Mystères de Londres sont publiés en version espagnole à Cadix, Malaga, Séville, Valence et Barcelone. De 1844 à 1850, plus de trente éditions paraissent en Espagne mais aussi en Amérique latine et Paul Féval est surnommé Pablo Féval. Avant sa mort, il aura pu avoir connaissance d'une centaine d'éditions en espagnol de ses romans, mais aussi d'adaptations dramatiques, sans oublier les ouvrages religieux qui font de lui un précieux allié de l'Eglise espagnole. On s'en convaincra aisément à la lecture des éditions en espagnol consacrées au seul Bossu dans la bibliographie.
        Au début du XXème siècle, un certain nombre de titres de Paul Féval et de son fils figurent chez des éditeurs de Madrid et de Barcelone parmi les " oeuvres littéraires d'auteurs célèbres " et les " grands romans " à prix économiques, mais aussi dans les collections hebdomadaires vendues dans les kiosques et dans la littérature pour enfants.
        Dans les années 1970, alors qu'il est difficile en France de trouver en librairie (ou chez les bouquinistes ) la plupart des oeuvres de Féval, les clubs de livres espagnols proposent à leurs lecteurs Les Mystères de Londres, Le Loup blanc, L'Homme de fer, Le Bossu. Les éditions Bruguera de Barcelone ont adapté sous forme de bandes dessinées Enrique de Lagardère dans leur collection " Joyas literarias juveniles ".