I . D - L'ESCRIME

        Epées, flamberges, rapières... Paul Féval puise abondamment dans le champ lexical de l'escrime, même si, on le verra plus loin, ses connaissances étaient faibles et sa " botte de Nevers " , un pur produit de l'imagination, sans réelle efficacité. Il peut être intéressant de définir , à partir d'un certain nombre de citations du roman, le vocabulaire spécifique de l'escrime. Ces termes, classés par ordre alphabétique, font l'objet d'un document placé en annexe.
        Sous la conduite de Lagardère, Aurore apprend à lire dans le seul livre qu'il possède : " un Traité d'escrime par Maître François Delapalme, de Paris, prévôt juré, diplômé de Parme et de Florence, membre du Handegenbund de Mannheim et de l'Académie della scrima de Naples, maître en fait d'armes de Monseigneur le Dauphin, suivi de la Description des différents coups, bottes et pointes courtoises en usage dans l'assaut de pied ferme, par Gio-Maria Ventura, de ladite Académie della scrima de Naples, corrigé et amendé par J.F.Delambre-Saulxure, prévôt aux cadets, Paris, 1667 ", ce qui lui permet d 'écrire dans son journal intime :

" Je connais la tierce et la quarte, parades naturelles ; prime et seconde, parades de demi-instinct ; les deux contres, parades universelles et composées ; le demi-cercle, les coupés simples et de revers, le coup droit, les feintes, les dégagements1".

        Dans un article signé Yann Loranz, paru dans l'Ouest-Eclair du 28 septembre 1933, le journaliste interroge monsieur Jean-Joseph-Renaud, bretteur et romancier, spécialiste des Féval sur la valeur de la fameuse " botte de Nevers " en escrime et celui-ci répond :

" Elle n'en a aucune, mais elle donne l'impression d'en avoir une ! A ce sujet, je vous dirai que Paul Féval ignorait tout de l'escrime. Pour décrire son fameux coup qui permettait de toucher son adversaire entre les deux yeux, il s'en fut demander quelques renseignements au grand maître d'armes d'alors, M. Grisier . Mais le lendemain, Féval ne se souvenait déjà plus de la leçon apprise ... Il mit donc bout à bout des termes d'escrime, au hasard, et grâce à un hasard providentiel, il se trouva que le coup de la "botte de Nevers " avait de la vraisemblance ! "2



1. Le Bossu, p..238.
2. Article cité par M.T.Pouillias dans Paul Féval, 1816-1887, B.M.Rennes, 1987, p.140.